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Déclaration de l’ANECR après la tenue du Comité Interministériel des villes (CIV) du 19 février

 
 
 
 

Déclaration de l’ANECR après la tenue du Comité Interministériel des villes (CIV) du 19 février

vendredi 22 février 2013
 

Après trois mois de concertation initiée par le Ministre délégué à la Ville François Lamy sur l’avenir de la politique de la ville, le CIV, sous la présidence du Premier ministre, a présenté 27 mesures.

Nous avons été nombreux à participer sous des formes diverses à cette concertation. L’attente des élus, des habitants, des associations était forte, d’autant plus que la situation sociale s’est profondément dégradée dans les villes et quartiers populaires. Dans un contexte de crise rendant encore plus difficile l’accès à des emplois stables, les politiques de réduction des dépenses publiques, notamment la révision générale des politiques publiques (RGPP), ont contribué à exposer davantage les habitants des villes et quartiers populaires à la précarité et à toutes ses conséquences.

Des propositions émises au cours de ces trois mois ont été reprises, comme la volonté de remettre le droit commun au cœur de nos territoires, mais des problèmes demeurent.

Avec quels moyens humains mettre en œuvre cette volonté, lorsqu’au quotidien nous constatons la pénurie des services publics nationaux ?

Avec quels financements lorsque le gouvernement nous annonce une diminution des dotations de 4,5 milliards d’euros d’ici 2015 pour les collectivités ?

Un autre élément inquiétant dans les 27 propositions

C'est le rôle prédominant que devraient jouer les intercommunalités en lieu et place des communes, le Maire devenant « opérateur de proximité ».

Cette orientation se situe dans la droite ligne de la future loi en débat sur le troisième acte de la décentralisation. En effet, les intercommunalités, en particulier les métropoles, sont présentées comme des réponses efficaces aux difficultés des territoires.

Pour notre part, nous pensons qu’en agissant ainsi le risque est grand de voir gommer le rôle des communes, élément de base de notre République, de notre démocratie, et d’aggraver les inégalités sociales et territoriales.

Il y a un réel danger de mettre en opposition entre eux les habitants, les territoires.

Les élus communistes et républicains, sans sous-estimer des éléments positifs existants dans les 27 propositions, ne peuvent passer sous silence le risque d’éclatement de notre modèle républicain.

Il y a urgence ! Le 5 décembre dernier, à l’occasion d’une rencontre organisée à Grigny, nous avons lancé un appel intitulé « Villes et quartiers populaires, les habitants ne peuvent plus attendre ! ».

Beaucoup de déception, de frustration, voire de colère montent de nos villes, de nos quartiers. Les souffrances des habitants sont réelles.

Aucune solution durable n’est possible sans un retour de l’État sur ses compétences 

Lui seul est garant de l’égalité d’accès aux droits fondamentaux pour toutes et tous. L’exemple actuel de la modification des rythmes scolaires est révélateur de ces impasses attendues et pourtant imposées. Ce sont les enfants des villes et quartiers populaires qui risquent de faire les frais d’une mesure nécessaire mais que l’État fait assumer aux communes.

Dans cette situation dangereuse pour la cohésion sociale, nous appelons à une mobilisation sans précédent de la nation entière, associant l’ensemble des citoyen(ne)s, élu(e)s, responsables associatifs, professionnel(le)s du secteur, afin que le changement se produise maintenant.

C’est cela qu’attendent les habitants qui perdent patience. Les conséquences peuvent être graves au plan démocratique. Contribuons, tous ensemble, à leur redonner confiance dans l’action publique en gagnant dès maintenant des progrès réels.

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